De la banalité du racisme en Israël

Selon un sondage de l’Université hébraïque publié mardi 28 décembre 2010, près de la moitié des Israéliens juifs (44%) approuvent un récent appel à ne pas louer d’appartements à des membres de la minorité arabe, contre 48% qui le réprouvent.

En outre, 40% des Israéliens juifs approuvent une loi qui autoriserait les petites collectivités à refuser l’installation de nouveaux venus en raison de leur différence sociale, nationale ou économique, tandis que 48% sont opposés à cette éventuelle loi, selon l’étude.

Cette enquête a été menée à la suite d’un appel lancé le 7 décembre par des dizaines de rabbins israéliens à refuser de louer ou vendre des logements à des non-juifs, alors que des propositions de loi visant les citoyens palestiniens sont en cours d’élaboration (installation de nouveaux venus, serment d’allégeance, interdiction du port du voile dans les lieux publics, etc.).

L’appel des rabbins a provoqué un tollé des plus hautes autorités de l’Etat mais bien évidemment aucune sanction. Ceux qu’on appelle les Arabes israéliens sont les descendants des 160.000 Palestiniens restés après la création d’Israël en 1948. Aujourd’hui, ils sont plus d’1,2 million et représentent 20% de la population totale. Ils sont en butte à de nombreuses discriminations, en particulier en matière d’emploi et de logement dans des localités juives.

Le chef du judaïsme réformé en Israël, le rabbin Gilad Kariv, a sévèrement critiqué la lettre des épouses de rabbins, déclarant que « la société israélienne sombre dans un profond trou noir de racisme et de xénophobie. » Il a également condamné énergiquement l’appel des rabbins qui ont signé la décision d’interdire la location de maisons aux Arabes.

Julien Masri

Sources : 7 sur 7, Guysen news, Israël7, Haaretz