PALESTINE, paysage en résistance. Récit d’expériences.

Extraits de « Les Carnets du paysage » n° 23 – « Paysages en migration » –

Un article de Bruno LAPERCHE, paysagiste DPLG, diplômé de l’ENSAP de Lille (F).

La Palestine est un archipel dont l’histoire est celle des exils, des retours, des déplacements, des enracinements. Le peuple Palestinien est l »‘intempestif du déplacement : c’est là son paradoxe, et c’est en cela que sa relation au(x) territoire(s) interroge. Les territoires Palestiniens sont caractérisés par une instabilité quotidienne, tant leur définition même s’inscrit au pluriel. Ils sont le fruit d’un processus de fragmentation fortement à l’oeuvre aujourd’hui. Le mur de « séparation » ou de « protection » peut apparaître comme le première limite matérialisée dans le paysage, mais en réalité, les limites sont multiples, visibles ou invisibles, compliquant considérablement les déplacements; autant de cicatrices portées aux territoires Palestiniens qui se morcellent encore un peu plus.L’article est le récit d’une expérience en cours portée par l’association l’Atelier volant. Elle vise, lors de plusieurs séjours ( un premier en juillet 2010, un deuxième en mai 2012), à la mise en place d’un observatoire des paysages à Battir, village palestinien situé sur le futur tracé du mur de séparation, en collaboration partielle avec l’UNESCO. La mise en oeuvre concrète de cet observatoire passe par différents ateliers participatifs; elle est préparée conjointement avec des membres de l’équipe de l’UNESCO présents sur place. l’objectif est  de comprendre et de mettre en avant les relations existants entre les habitants et leur territoire, qui définissent, selon nous le paysage de Battir. Ce projet est initié de façon indépendante et ne s’inscrit dans aucune démarche professionnelle officielle, bien que bénéficiant du soutien d’Organismes en France et en Palestine.

Conclusions de l’article :

« La Palestine est d’abord un paysage habité, dont l’héritage universel doit attirer notre attention. Ce paysage patrimonial participe largement à l’existence d’une identité propre à Battir, comme un moyen de résistance face aux pressions. Pour cela, la question du projet palestinien doit prédominer. Notre rôle de paysagiste est avant tout d’être à l’écoute pour permettre l’expression de ce projet par les habitants. Les workshops menés se sont avérés extrêmement concluants dans nos réflexions sur la mise en place d’un observatoire des paysages. Susciter une part de désir chez ces jeunes générations nous semble indispensable pour réintroduire ces futurs adultes dans le jeu du projet. L’Atelier souhaite poursuivre ces réflexions, en Palestine et ailleurs.