Nouveau : si vous vous rendez en Palestine : testez la fouille électronique.

par | 29 avril 2013

Israël veut tout savoir sur ses touristes

 

Publié dans Méditerranée le

L’Association pour les Droits Civils en Israël (ACRI) a révélé cette semaine que les agents de sécurité de l’aéroport Ben Gourion à Tel-Aviv, porte d’entrée aérienne en Israël, étaient désormais autorisés à lire les e-mails des voyageurs en toute légalité. En cas de refus du passager, l’entrée sur le territoire pourrait lui-être refusée.

 

 

Tout les voyageurs qui sont allés en Israël le savent : avant même d’arriver au comptoir d’embarquement, vous êtes suspect : fouille au corps, interrogations multiples des agents de sécurité, passage sous des portiques de sécurité, ré interrogations multiples, scan de ses bagages, re ré interrogation multiples jusque dans la salle d’embarquement…

En plus de tous ces désagréments au départ, les services de sécurité de l’aéroport de Ben Gourion de Tel-Aviv peuvent désormais demander aux touristes arrivant en Israël le contenu de leurs courriers électroniques. En cas de refus d’obtempérer, ceux-ci se verront interdire l’accès au territoire. A l’origine de cette demande surprenante, on trouve le Shin Bet, l’agence centrale de sécurité d’Israël.

 

Le support utilisé pour lire les mails peut être un ordinateur, un smartphone ou une tablette.En revanche, les services de sécurité ne peuvent pas demander le mot de passe d’accès à la boîte mai. Ils vont se gêner ! Et quand le touriste le tapera sur les supports de la police, qui dit qu’il ne sera pas enregistré… et archivé par les services de renseignements israéliens ?

 

« Intrusion considérable dans la vie privée »

 

La presse locale avait déjà fait état de plaintes de voyageurs l’été dernier. Selon celle-ci, des comptes emails ainsi que des comptes Facebook avaient été visités. En outre, des agents de sécurité n’auraient pas hésité pas à demander les mots de passe selon certains témoignages.

 

Pour les agences de presse Haaretz et Associated Press, plusieurs voyageurs aux noms « arabes » furent interrogés en mai dernier sur leurs mails. Suite à leur refus de les communiquer, ils n’ont pas pu pénétrer en Israël.

 

L’association dénonce vivement cette pratique qui représente une « intrusion considérable dans la vie privée » des voyageurs, forcés d’accepter cette pratique pour se rendre à destination. L’ACRI avait alors demandé officiellement par écrit des explications aux autorités.

 

Par le biais de son avocate, Lila Margalit, l’association indiquait également que de telles fouilles électroniques ne pouvaient être autorisées que dans un contexte juridique bien particulier, et que les actions des services de renseignement (Shin Bet) violaient la loi israélienne.

 

La fin justifie les moyens

 

Cette mesure ne serait mise en place qu’en cas « de soupçons réels » et uniquement avec le consentement du touriste a (enfin) répondu le Bureau du Procureur Général. Mais pas question pour autant de revenir sur sa décision.

 

Car, la fin justifie les moyens. C’est, en quelque sorte, un résumé de la réponse aux accusations de violation de vie privée faite par le Procureur Général. Après un an d’attente, le bureau du Procureur Général Yehouda Weinstein a confirmé que ces fouilles étaient autorisées mais aussi légales, considérant que « l’accroissement de la menace terroriste justifiait la légalité de cette intrusion ». 

 

Alors, pour aider les services de renseignements israéliens dans la guerre contre leurs nombreux ennemis, je leur suggère d’utiliser la technique infaillible d’Arnaud Amaury. C’est un procédé simple, facile à appliquer, et d’une efficacité redoutable.

 

Légat du pape, il assistait les troupes (catholiques) dans leur croisade contres les albigeois (protestants). Lors du massacre de Béziers, le 22 juillet 1209, quand les croisés lui demandèrent comment distinguer les hérétiques des catholiques, sa réponse fut claire, nette et on ne peut plus précise : «Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ».

 

Hervé Ducruet

 

 


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